Certaines Unités du Spectralisme instaurent un régime bifocal fondé sur la tension entre matière et émission. Elles ne changent pas de nature : elles changent de régime lumineux selon l’axe du regard. Ce basculement n’est pas un effet optique, mais une opération interne imposée par l’Unité.
Sous l’angle latéral, la matière s’affirme. Le Fond apparaît comme corps, impose sa densité et révèle sa logique interne. Ce régime se manifeste sous lumière incidente, non pour produire un effet, mais pour révéler la densité active du Fond. La lumière demeure contenue, maintenue dans un état de tension. L’œil ne perçoit pas une forme, mais la résistance du Fond en tant que masse active.
Sous l’angle frontal, le régime s’inverse. La structure cesse d’agir. La matière se retire et laisse paraître une émission autonome. La surface devient un seuil traversé par la lumière. L’Unité se maintient alors comme phénomène lumineux, détaché de la matérialité qui l’a préparée.
Le passage d’un régime à l’autre ne dépend pas de l’éclairage, mais du déplacement du regard. Ce déplacement constitue l’opération nécessaire pour accéder à la totalité du fonctionnement lumineux. L’Unité refuse la vision fixe, qui ne saisit qu’un seul régime.
Ce régime ne se définit ni par un relief ni par une couleur, mais par la coexistence de deux états lumineux incompatibles : la densité active du Fond et l’émission autonome qui la traverse. La transition entre ces états constitue l’acte spectraliste. L’Unité n’est pas double : elle est un axe, et cet axe organise son basculement.
AXE ET TRANSITION : RÉGIME BIFOCAL
